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	<title>Regard sur les pays tchèques et slovaques</title>
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	<description>Informations contemporaines sur la République tchèque et la Slovaquie</description>
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		<title>République tchèque: de plus en plus de gens vivent seuls</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 00:50:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(source: tyden.cz) Les sociologues annoncent la fin du modèle familial traditionnel du régime communiste: un couple marié avec deux enfants. «Cette situation est toujours considérée comme le modèle idéal mais, depuis 1989, les temps ont changé», estime ainsi le sociologue Marcel Tomasek. Selon le recensement de la population qui vient d’être réalisé, on estime aujourd’hui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(source: <em>tyden.cz</em>)</p>
<p>Les sociologues annoncent la fin du modèle familial traditionnel du régime communiste: un couple marié avec deux enfants. «<em>Cette situation est toujours considérée comme le modèle idéal mais, depuis 1989, les temps ont changé</em>», estime ainsi le sociologue Marcel Tomasek. Selon le recensement de la population qui vient d’être réalisé, on estime aujourd’hui que presque la moitié des adultes vivent seuls. M.Tomasek désigne cette tendance comme le «phénomène singles».</p>
<p>Sous le régime communiste, la population ne voulait pas se faire remarquer et avait tendance à se replier sur la famille. Aujourd’hui, les Tchèques n’ont plus peur et leurs activités en dehors de la famille, comme le travail et les loisirs, prennent plus d’importance. Au cours des dix dernières années, le nombre de divorces a augmenté d’un tiers, tandis que celui des mariages a largement chuté, au profit du concubinage. Ces phénomènes expliquent également le déclin du modèle familial traditionnel. «<em>Les gens pensent aujourd’hui surtout à eux et ont moins besoin de s’occuper des autres</em>», estime la psychologue Magdalena Frouzova.</p>
<p>À l’avenir, le «phénomène singles» devrait s’accentuer. Il est aujourd’hui perceptible dans la capitale, Prague, mais aussi dans d’autres villes du pays. M.Tomasek évoque la situation des grandes métropoles mondiales comme Paris, Londres ou New York, où la part des adultes vivant seuls atteint jusqu’à 70%.</p>
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		<title>Budapest veut faciliter l’obtention de la double citoyenneté pour les Hongrois de l’étranger</title>
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		<pubDate>Wed, 19 May 2010 00:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Sources: sita.sk, ctk.cz) Le nouveau gouvernement hongrois mis en place suite aux élections d’avril 2010 envisage de faciliter les démarches nécessaires pour demander la citoyenneté hongroise. Cette mesure concerne surtout les Hongrois de souche installés dans les pays limitrophes, car il ne sera plus nécessaire d’habiter en Hongrie pour demander la citoyenneté. Il suffira de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Sources: <em>sita.sk, ctk.cz</em>)</p>
<p>Le nouveau gouvernement hongrois mis en place suite aux élections d’avril 2010 envisage de faciliter les démarches nécessaires pour demander la citoyenneté hongroise. Cette mesure concerne surtout les Hongrois de souche installés dans les pays limitrophes, car il ne sera plus nécessaire d’habiter en Hongrie pour demander la citoyenneté. Il suffira de prouver que le demandeur a des ascendants hongrois et qu’il maîtrise la langue.</p>
<p>La Slovaquie, où les Hongrois représentent 10% de la population, a déjà fait connaître son hostilité face à ce projet. Le Premier ministre Robert Fico a demandé la réunion d’une commission slovaco-hongroise pour traiter de cette question. Si aucun accord n’est trouvé, les Slovaques sont prêts à chercher de l’aide auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).</p>
<p>Bratislava reproche à Budapest de ne pas avoir été informé de ce dossier. Si les Hongrois adoptent la loi facilitant l’obtention de la double citoyenneté, les Slovaques comptent modifier leur législation pour faire perdre aux Hongrois vivant sur leur territoire la ciotyenneté slovaque. La Slovaquie est pour l’instant le seul voisin à avoir réagi à ce projet, qui est présenté un mois avant les élections législatives qui doivent se dérouler dans le pays.</p>
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		<title>République tchèque : Flambée nationaliste en Silésie</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 00:54:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(sources: lidovky.cz, tyden.cz) Dans la partie tchèque de la Silésie, les inscriptions polonaises d’une trentaine de panneaux de signalisation ont été endommagées. Le Président tchèque, Vaclav Klaus, s’est rendu sur place pour faire état de la situation. Son voyage fait suite à la visite du Président polonais, Lech Kaczynski, à Prague la semaine dernière, pendant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(sources: <em>lidovky.cz, tyden.cz</em>)</p>
<p>Dans la partie tchèque de la Silésie, les inscriptions polonaises d’une trentaine de panneaux de signalisation ont été endommagées. Le Président tchèque, Vaclav Klaus, s’est rendu sur place pour faire état de la situation. Son voyage fait suite à la visite du Président polonais, Lech Kaczynski, à Prague la semaine dernière, pendant laquelle ce problème a été évoqué.</p>
<p>Pour accueillir son homologue polonais, le Président tchèque s’apprêtait à parler de relations idylliques entre les deux pays. La dégradation des panneaux a été critiquée par le Président polonais qui a rencontré à Prague les représentants de la minorité polonaise. Il a exprimé son désarroi, rappelant que des Polonais vivent dans la région de Tesin depuis près de mille ans: ces populations «<em>sont aujourd’hui des citoyens de la République tchèque, qui maintient avec la Pologne des relations amicales</em>»; il s’agit donc de citoyens qui se doivent d’être loyaux à la République tchèque, sans pour autant abandonner leur langue et culture polonaise. La flambée nationaliste n’a donc, d’après le Président, aucun fondement.</p>
<p>Près de 40.000 habitants de la région de Tesin se déclarent aujourd’hui de nationalité polonaise, ce qui explique que les inscriptions de plusieurs noms de lieux soient dans les deux langues.</p>
<p>«<em>On se croirait en 1937 et pas au début du 21e siècle</em>», s’étonne Jacek Sikora de <em>Glos Lidu</em>, journal local publié pour la minorité polonaise. «<em>La meilleure période était le régime communiste, on avait le même ennemi: le régime totalitaire</em>», conclut le journaliste.</p>
<p>Les Polonais n’ont, pour l’instant, pas réagi à ces provocations. Les autorités tchèques espèrent donc que cette flambée nationaliste s’éteindra d’elle-même.</p>
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		<title>Le rapprochement des communautés tchèque et vietnamienne par une mystification littéraire ?</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2009 22:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves CZ]]></category>
		<category><![CDATA[République Tchèque]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnamiens]]></category>

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		<description><![CDATA[Sources : novinky.cz, hn.ihned.cz, rozhlas.cz Les Tchèques se plaisent dans la mystification. Après le scandale de l’Entropa, mosaïque qui aurait dû être composée par des artistes de l’Europe entière et qui s’est révélée être l’œuvre d’un seul artiste tchèque, suit «la plus grande mystification littéraire» de ces dernières années. L’écrivain tchèque Jan Cempirek a écrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sources : <em>novinky.cz, hn.ihned.cz, rozhlas.cz</em></p>
<p>Les Tchèques se plaisent dans la mystification. Après le scandale de l’Entropa, mosaïque qui aurait dû être composée par des artistes de l’Europe entière et qui s’est révélée être l’œuvre d’un seul artiste tchèque, suit «la plus grande mystification littéraire» de ces dernières années. L’écrivain tchèque Jan Cempirek a écrit un livre sous l’identité d’une jeune Vietnamienne, Lan Pham Thi. Le roman a remporté le prix littéraire de la maison d’édition Knizni klub qui l’a ensuite publié. La vraie identité de l’auteur vient d’être révélée par le quotidien <em>Pravo</em>.</p>
<p>Lan Pham Thi, l’auteure supposée du livre, communiquait avec les journalistes par e-mail à partir de la Malaisie où Jan Cempirek l’a faite partir pour poursuivre ses études. Pour rendre l’identité de Lan Pham Thi plus fiable, il a demandé à une jeune Vietnamienne de sa ville de tourner une vidéo de remerciement. «<em>Je savais que j’allais faire partie d’une mystification mais je ne me doutais pas que l’affaire deviendrait aussi célèbre. Je voulais aider l’écrivain</em>», confie Te Thi Hom Nghu qui jouait dans la vidéo.</p>
<p>Le livre récompensé, <em>Cheval blanc et dragon jaune</em>, raconte la perception de la société tchèque par une jeune Vietnamienne née en République tchèque. Lors de l’attribution du prix, le jury s’est félicité de la contribution des minorités ethniques à la littérature contemporaine tchèque. La révélation de la vraie identité de l’auteur nécessite donc de se poser des questions: «<em>S’agit-il d’une mystification volontaire ou d’une publicité?</em>», s’interroge <em>Pravo</em>. Comme dans le cas de l’Entropa, certains désignent l’auteur de «manipulateur dangereux», alors que d’autres le félicitent d’avoir réussi à se payer la tête du monde littéraire tchèque.</p>
<p>Jan Cempirek s’explique ainsi: «<em>Je me suis inspiré de Boris Vian et de son livre </em>J’irai cracher sur vos tombes<em>, publié sous le pseudonyme d’un écrivain noir. Ainsi, il a joué un tour aux critiques français qui ont chanté ses louanges. On n’a pas eu de mystification littéraire de ce type depuis longtemps et je voulais attirer l’attention sur la vie de la communauté vietnamienne</em>». En effet, les relations entre ces deux communautés, qui vivent côte à côte depuis plusieurs décennies, restent très froides. Le geste de Jan Cempirek peut donc être interprété comme la volonté d’ouvrir un dialogue. D’ailleurs, il poursuit dans cette logique et affirme avoir offert les 50.000 couronnes tchèques (environ 2.000 euros) qui accompagnaient le prix littéraire à la publication d’un dictionnaire tchéco-vietnamien.</p>
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		<title>La République tchèque veut redevenir le «Hollywood de l’Europe»</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Oct 2009 11:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves CZ]]></category>
		<category><![CDATA[République Tchèque]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma tchèque]]></category>

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		<description><![CDATA[Sources: CTK, ceskenoviny.cz, metro.cz Après l’effondrement du chiffre d’affaires de l’industrie filmographique tchèque, le ministère de la Culture a décidé de relancer ce secteur en remboursant aux producteurs jusqu’à 20% de leurs dépenses. Des mesures pareilles existent déjà dans la plupart des pays européens; la République tchèque souhaite ainsi rattraper son retard et accorder ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sources: <em>CTK, ceskenoviny.cz, metro.cz</em></p>
<p>Après l’effondrement du chiffre d’affaires de l’industrie filmographique tchèque, le ministère de la Culture a décidé de relancer ce secteur en remboursant aux producteurs jusqu’à 20% de leurs dépenses. Des mesures pareilles existent déjà dans la plupart des pays européens; la République tchèque souhaite ainsi rattraper son retard et accorder ces subventions dès janvier 2010.</p>
<p>Entre 2003 et 2008, le nombre de films étrangers tournés dans le pays a baissé de 86%, alors que cette industrie est florissante dans les pays voisins, sous l’effet des subventions gouvernementales. «<em>L’absence de subventions a découragé plusieurs producteurs. Récemment, le film américain </em>Hellboy 2<em> devait être tourné dans les studios praguois de Barrandov mais, finalement, le tournage a eu lieu en Hongrie</em>», précise Dusana Chrenekova, porte-parole des studios de Barrandov.</p>
<p>«<em>Notre but est d’attirer les investissements nationaux et étrangers et de créer des emplois</em>», a expliqué Viktorie Plivova, chef du service de presse du ministère. La République tchèque dispose en effet d’un grand potentiel étant donné son équipement technologique de pointe et ses spécialistes, pourtant actuellement obligés de chercher du travail à l’étranger.</p>
<p>Dans le passé, les studios de Barrandov ont pourtant accueilli Roman Polanski et son <em>Oliver Twist</em> (2004) ou le dernier film de James Bond <em>Casino Royale</em> (2006). Les professionnels regrettent donc que la décision de subventionner l’industrie filmographique vienne aussi tard. Comme dans le domaine du tourisme, on s’est enfin rendu compte que les beautés de la République tchèque ne se suffisent pas pour attirer les étrangers…</p>
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		<title>Les Vietnamiens en République tchèque: le long chemin de l’émancipation</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 17:16:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles CZ]]></category>
		<category><![CDATA[République Tchèque]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnamiens; immigration; minorités]]></category>

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		<description><![CDATA[Début septembre 2009, la Tchéco-Vietnamienne Lan Pham Thi, âgée de dix-neuf ans, a remporté le Prix littéraire attribué aux manuscrits non publiés par la grande maison d’édition tchèque Knizni klub. Sa nouvelle décrit les difficultés de la vie quotidienne d’une famille vietnamienne dans la ville de Pisek, en Bohême du Sud. Les médias soulignent que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="chapo2">Début septembre 2009, la Tchéco-Vietnamienne Lan Pham Thi, âgée de dix-neuf ans, a remporté le Prix littéraire attribué aux manuscrits non publiés par la grande maison d’édition tchèque Knizni klub. Sa nouvelle décrit les difficultés de la vie quotidienne d’une famille vietnamienne dans la ville de Pisek, en Bohême du Sud. Les médias soulignent que c’est la première lauréate «d’origine exotique» qui prouve ainsi sa maîtrise totale du tchèque, qui n’est pas sa langue maternelle. </span></p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><img title="Source: http://linhnguyen.blog.idnes.cz/ " src="http://www.regard-est.com/img/upload/articles/article_20090915120129.jpg" alt="Linh Nguyen sur les bords de la Vltava, à Prague." width="200" height="133" /><p class="wp-caption-text">Linh Nguyen sur les bords de la Vltava, à Prague.</p></div>
<p>Sa victoire illustre l’évolution de la situation des Vietnamiens en République tchèque qui, avec 50 à 60.000 membres, représentent aujourd’hui la troisième communauté étrangère du pays. Les enfants de la première vague d’immigration vietnamienne, arrivée pour des raisons économiques pendant la période communiste, seraient-ils en train de devenir une nouvelle élite de la société tchèque qui reste pourtant méfiante envers les étrangers?</p>
<p><strong>Les débuts de la présence vietnamienne à l’époque communiste</strong></p>
<p>Les origines de la communauté vietnamienne en République tchèque remontent aux accords signés pendant la période communiste par deux «pays frères». La Tchécoslovaquie était prête à accepter les ressortissants vietnamiens pour aider un pays ravagé par la guerre tout en bénéficiant d’une main d’œuvre bon marché. La première vague d’immigration date des années 1950. Les flux entre les deux pays deviennent plus systématiques après les accords de 1973 permettant l’arrivée d’une dizaine de milliers d’étudiants et de travailleurs souhaitant acquérir une expérience professionnelle. Dans les années 1980, les conditions de travail des Vietnamiens se dégradent: la Tchécoslovaquie les emploie dans des domaines peu attractifs pour atteindre les buts fixés par la planification économique. En même temps, la structure de l’immigration change, car la corruption rend la sélection des travailleurs moins stricte.</p>
<p>L’immigration vietnamienne étant régie par des accords bilatéraux, les nouveaux-arrivants bénéficiaient alors de certains droits. Pour éviter un choc culturel trop important, les autorités tchèques avaient prévu des mesures facilitant l’adaptation à la vie locale. Ainsi, les Vietnamiens recevaient à leur arrivée des habits d’hiver et, au cas où ils auraient mal supporté la nourriture des cantines tchèques, une cuisine était à leur disposition dans les centres d’hébergement. La barrière linguistique représentait également un problème, car le Vietnam ne faisait pas partie de «l’empire slave» comme d’autres pays communistes pour lesquels le russe était la langue universelle; des cours de tchèque leur étaient donc offerts. En outre, l’employeur tchèque ou slovaque avait l’obligation de financer le retour au pays du salarié vietnamien une fois son contrat achevé, en général au bout de quatre ans.</p>
<p><strong>L’impact de cette «exploitation réciproque» sur les relations entre les deux communautés</strong></p>
<p>Les apports de cette immigration étaient déjà discutés à l’époque: les Tchécoslovaques dénonçaient les dépenses importantes que devaient engager les employeurs, alors que la communauté vietnamienne garde souvent un souvenir amer de conditions de travail se rapprochant de l’exploitation pure.</p>
<p>En effet, les conditions de vie n’étaient pas faciles: seuls les hommes mariés avaient la possibilité de partir en vacances au Vietnam, au bout de deux ans de travail. Des restrictions, qui font aujourd’hui sourire, régissaient la vie quotidienne: un Vietnamien n’était pas autorisé à fréquenter ses compatriotes-femmes et, si une rencontre devait avoir lieu dans leur dortoir, ils devaient laisser la porte ouverte. Ces mesures ont été assouplies dans les années 1980 mais une Vietnamienne devait toutefois éviter de tomber enceinte, sous peine d’être immédiatement renvoyée dans son pays. On peut également rappeler l’interdiction pour les hommes d’avoir les cheveux longs ou de porter des vêtements occidentaux.</p>
<p>Avec la chute du bloc soviétique, les accords permettant leur arrivée sont devenus caducs mais les réseaux mis en place sont restés, permettant de maintenir le flux de travailleurs vietnamiens. Il s’agissait d’une immigration purement économique, qui concernait essentiellement les habitants des campagnes et des provinces du Nord. A ces nouveaux arrivants s’ajoutaient les Vietnamiens qui vivaient déjà sur place. Deux options s’ouvraient à eux: émigrer dans d’autres pays européens ou rester en Tchécoslovaquie.</p>
<p><strong>Une structure clanique qui concurrence les commerçants tchèques</strong></p>
<p>Les Vietnamiens arrivés avant 1989 peuvent aujourd’hui bénéficier de leur bonne connaissance du pays. Certains d’entre eux deviennent donc les chefs des communautés vietnamiennes locales qui sont fidèles à leur mode de vie clanique. Ainsi, les chefs du clan servent d’intermédiaires entre les Vietnamiens et la population tchèque, ils sont également au cœur du réseau professionnel de la communauté. «<em>A Prague, il y a quatre clans familiaux. Chacun possède plusieurs magasins qui se soutiennent mutuellement en cas de problèmes</em>», explique l’un d’entre eux, qui souhaite garder son anonymat. De plus, cette tendance à une vie clanique a été renforcée par les difficultés de l’installation des premiers commerçants vietnamiens qui ne pouvaient compter que sur eux-mêmes.</p>
<p>Les commerçants tchèques, de leur côté, se font également entendre: «<em>Ils vivent de manière complètement différente de nous. Ils n’ont pas de week-ends, ils ne vont pas boire un coup ou regarder un match de hockey. Ils emploient les membres de leur famille et font ainsi des économies, ce qui leur permet d’avoir des prix plus bas</em>», s’insurge Roman Simek, un marchand de légumes à Prague. Grâce à cette organisation clanique, les Vietnamiens fonctionnent en réseau, à la manière des supermarchés et, comme ces derniers, ils concurrencent les commerçants tchèques. C’est pourquoi ils sont parfois vus d’un mauvais œil et rendus responsables de la hausse du chômage et des tensions ethniques. Jiri Paroubek, chef du Parti social-démocrate, a récemment affirmé que «<em>les Ukrainiens s’intègrent mieux que les Vietnamiens</em>», témoignant de la persistance de préjugés à l’égard des immigrés dits «exotiques».</p>
<p>La population tchèque, elle, apprécie cependant le zèle des travailleurs vietnamiens et s’est habituée à la disponibilité du «Vietnamien d’à côté», qui lui permet de s’approvisionner à n’importe quelle heure. D’autant que le métier de marchand de légumes n’est plus aussi rentable qu’avant 1989 pour les Tchèques qui pouvaient, à l’occasion, arrondir leurs fins de mois par la vente au noir; cette mutation explique également la désertion en masse des marchands tchèques, qui sont remplacés par les Vietnamiens.</p>
<p>Les journaux économiques évoquent même un nouveau chapitre dans l’histoire de l’entreprenariat tchèque: après avoir investi les marchés avec des vêtements bon marché destinés aux classes les moins aisées, les Vietnamiens optent aujourd’hui pour les petites épiceries où s’approvisionnent également les classes moyennes. La moitié de la communauté tient aujourd’hui un commerce à son compte, ce qui témoigne de sa surreprésentation dans ce domaine.</p>
<p><strong>La génération des «Néovietnamiens» tente de nouer un dialogue avec les Tchèques</strong></p>
<p>Ces «Vietnamiens de souche» ont noué très peu de contacts avec la société tchèque, qui n’a pas fait non plus d’effort particulier d’ouverture. Aujourd’hui, leurs enfants forment la génération des «Néovietnamiens», de mieux en mieux intégrée à la société tchèque et qui essaie de briser certains tabous.</p>
<p>Lan Pham Thi, la lauréate du prix littéraire de Knizni klub, fait partie de cette génération: elle est née et a grandi dans la République tchèque de l’après-1989. Le jury a constaté que sa maîtrise du tchèque est bien meilleure que celle de nombreux auteurs «locaux». De plus, le sujet traité par la jeune étudiante est une nouveauté sur la scène littéraire tchèque où reviennent quelques thèmes récurrents, comme l’héritage de l’influence allemande ou la vie sous le régime communiste. Ses réflexions sur les relations entre les communautés tchèque et vietnamienne offrent donc un point de vue extérieur. L’auteure contribue ainsi au dialogue entre les deux cultures mais reconnaît que la route sera longue: «<em>Les Tchèques et les Vietnamiens vivent chacun à leur façon, un livre ne pourra pas le changer</em>».</p>
<p>L’abondance des médias vietnamiens en République tchèque témoigne en effet d’une communauté qui reste bien soudée[1]. A une époque où tout le monde peut écrire, de jeunes Vietnamiens essaient cependant de briser le mur de l’ignorance sur leur blog. Depuis un an, on parle d’un nouveau phénomène de l’internet tchèque. Ces blogs ont de nombreux lecteurs tchèques avides d’en apprendre un peu plus sur cette communauté avec laquelle ils vivent depuis plusieurs dizaines d’années. Une question revient régulièrement chez ces «Néovietnamiens»: se sentent-ils plus Vietnamiens ou Tchèques?</p>
<p><strong>Des «enfants bananes», entre deux cultures</strong></p>
<p>Souvent, les auteurs ne le savent pas eux-mêmes et cherchent leur identité à travers l’écriture. Il faut dire que certaines réactions des Tchèques, peu habitués à voir des «étrangers exotiques» parler leur langue, ne les aident pas à s’intégrer: «<em>Je parle tchèque couramment mais il y a toujours des gens qui me parlent très lentement et finissent par demander ‘Tu me comprends’?</em>», relate Phuong Thuy Do Thi, qui revendique en outre avec humour son identité morave[2].</p>
<p>«<em>Quelle est pour nous la langue la plus proche? En général, le tchèque. Comme nous l’utilisons le plus souvent, c’est la langue la mieux maîtrisée par les ‘enfants bananes’</em>», confirme une autre bloggeuse, Nguyen Thi Thuy Duong. Elle ajoute qu’avec cette vie à cheval entre deux cultures, on ne s’ennuie jamais: et de raconter son faux pas lors d’une colonie de vacances au cours de laquelle elle avait apporté des baguettes à la place d’un couvert; elle a fini par apprendre à tout le monde comment manger le goulash à l’asiatique. «<em>Nous avons des parents vietnamiens et beaucoup d’entre nous sont nés au Vietnam. Mais nous avons grandi à l’autre bout du monde. Sommes-nous encore de vrais Vietnamiens? Ou alors le sommes-nous seulement par la couleur de notre peau, alors qu’à l’intérieur, nous sommes devenus Tchèques?</em>», se demande-t-elle à propos de l’état d’esprit de ces «enfants bananes», c’est-à-dire «<em>jaunes à l’extérieur et blancs à l’intérieur</em>». Certains Vietnamiens jugent cependant cette expression péjorative et s’insurgent contre sa généralisation dans les médias.</p>
<p>Malgré un mélange incontestable de cultures, les Vietnamiens se marient souvent entre eux. Ils affirment que c’est une sorte de contrat tacite entre les jeunes et leurs parents. «<em>Les Tchèques pensent différemment, l’engagement entre un homme et une femme n’est souvent pas pris au sérieux comme chez nous. Nos valeurs sont différentes, c’est écrit dans nos gènes asiatiques</em>», explique Nguyen Thi Thuy Duong. Une autre bloggeuse, Luu Ly Nugyen Bach, relativise ce cliché: «<em>Ce problème se posait au siècle dernier mais pas aujourd’hui, tout le monde n’est pas pour ‘la pureté des races’!</em>»</p>
<p><strong>Vers un meilleur avenir par l’école</strong></p>
<p>Malgré cette recherche identitaire parfois difficile, les «enfants bananes» veulent avoir une vie meilleure que leurs parents et font leurs premières preuves à l’école. «<em>Regarde, elle a eu de meilleures notes que nos enfants</em>», entend souvent Phuong Thuy Do Thi lorsqu’elle présente son bulletin scolaire dans les magasins qui offrent des cadeaux aux élèves ayant reçu de bonnes notes. «<em>A Harvard, 17% des étudiants sont des Asiatiques. Dans quelques années, verra-t-on la même chose dans les universités tchèques?</em>», s’interroge la jeune bloggeuse. Elle explique que les parents investissent souvent toutes leurs économies dans les études de leurs enfants, même au Vietnam où les conditions sont souvent difficiles: «<em>Dans les campagnes, les enfants passent la journée à aider leurs parents dans les champs, ils étudient uniquement la nuit et, malgré cela, ils ont d’excellents résultats</em>».</p>
<p>Reste à trouver sa voie après l’université. Les jeunes Vietnamiens ne savent pas si on voudra d’eux sur le marché du travail tchèque mais il faut également se demander s’ils auront envie de rester dans un pays qui continue à leur faire sentir leur différence. «<em>Je voudrais me couper en deux: rester ici mais, en même temps, rentrer et aider mon pays à se développer</em>», confie Phuong Thuy Do Thi. D’autres optent pour la troisième solution: partir à l’étranger, comme la jeune lauréate Lan Pham Thi qui poursuit ses études universitaires en Malaisie. D’autres partent en Europe occidentale ou aux Etats-Unis. C’est ce que des proches ont conseillé également à Phuong Thuy Do Thi: «<em>Tu dois avoir de très bons résultats ici mais, après, va dans un autre pays. Regarde où en est arrivé Obama, tu penses que ce serait possible ici? Dans les pays plus développés, ils savent attirer les cerveaux mais, ici, les gens accorderont toujours plus d’importance à ton apparence</em>».</p>
<p>Malgré ce conservatisme persistant, les Vietnamiens ont leur premier «Obama tchèque»: Linh Nguyen, étudiant de 22 ans qui s’est présenté lors des dernières élections européennes. Son petit parti n’a pas recueilli assez de voix mais, par ce choix, il combat également les préjugés de la génération de ses parents pour laquelle il est prioritaire de gagner sa vie sans forcément prendre part à la vie politique du pays. Linh Nguyen s’interroge sur l’avenir de sa communauté en République tchèque: «<em>99% des Vietnamiens tiennent un commerce, selon le modèle des anciennes générations. Ceux qui ont grandi ici seront différents, beaucoup travailleront sans doute dans le commerce, mais selon les habitudes tchèques</em>». Il confirme que la plupart des jeunes universitaires vietnamiens optent pour des matières techniques ou économiques, alors que les sciences humaines ne sont pas du tout à la mode. «<em>Au Vietnam, on ne sait même pas ce qu’est un politologue</em>», sourit Linh Nguyen, qui étudie les sciences politiques et espère jouer un rôle de précurseur.</p>
<p>Les communautés tchèque et vietnamienne vivent aujourd’hui une période cruciale de leurs relations réciproques: le communautarisme et la méfiance des générations ayant connu le régime communiste sont en train d’évoluer sous l’influence des jeunes, en passe de briser les anciens tabous. Cependant, la société tchèque ne semble pas prête à faire la différence entre les anciens immigrés économiques et leurs descendants, qui ont aujourd’hui les mêmes moyens de réussir dans la vie que les enfants tchèques. Ce combat des jeunes Vietnamiens pourra-t-il convaincre les Tchèques de donner une chance aux jeunes issus de l’immigration et de s’ouvrir aux étrangers? De plus, les Tchèques auront à l’avenir besoin d’attirer de plus en plus d’étrangers pour améliorer leur situation démographique: les statistiques publiées en septembre 2009 montrent que le baby-boom des sept dernières années est fini et le gouvernement envisage de réduire le budget destiné au soutien des familles avec enfants…</p>
<p>[1] Il existe de nombreux périodiques en langue vietnamienne et, depuis mai 2009, les Vietnamiens ont également leur chaîne de télévision, <em>Ethnic TV</em>.<br />
[2] Les trois régions de la République tchèque sont la Bohême, la Moravie et la Silésie. La Moravie, au sud-est du pays, est une région traditionnellement plus agricole et conservatrice que la Bohême, où se trouve la capitale. Les Moraves sont fiers de leurs particularismes locaux, dont le patois ou le folklore, mais les habitants de Bohême -et surtout les Praguois- les prennent parfois pour des provinciaux aux manières un peu rustres. De leur côté, certains Moraves revendiquent leur droit à la différence en se déclarant de citoyenneté tchèque mais de nationalité morave, ce qui fait sourire leurs compatriotes.</p>
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		<title>Les Roms quittent la République tchèque en espérant une vie meilleure à l’étranger</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 07:39:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sources: Pravo, denik.cz, romea.cz Les Roms vivant en République tchèque continuent à quitter massivement le pays, où ils se sentent victimes de discriminations. Ces départs ne sont pas une nouveauté, c’est leur stratégie qui change: ils essayent de partir sans se faire remarquer. Parmi leurs destinations les plus fréquentes figurent les pays de l’Europe occidentale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sources: <em>Pravo, denik.cz, romea.cz</em><br />
Les Roms vivant en République tchèque continuent à quitter massivement le pays, où ils se sentent victimes de discriminations. Ces départs ne sont pas une nouveauté, c’est leur stratégie qui change: ils essayent de partir sans se faire remarquer.</p>
<p>Parmi leurs destinations les plus fréquentes figurent les pays de l’Europe occidentale où sont déjà installées leurs familles: la Grande-Bretagne, l’Irlande ou les Pays-Bas. Les plus courageux et qualifiés optent pour les destinations d’outre-mer, dont le Canada. A la suite de l’explosion de leurs demandes d’asile depuis janvier 2009, Ottawa a réintroduit les visas pour les citoyens tchèques; leurs départs pour cette destination ont donc attiré l’attention des médias. De leur côté, les autorités canadiennes parlent d’immigrés économiques dont plus de la moitié n’ont aucune chance d’obtenir l’asile.</p>
<p>Les Roms tchèques se plaignent depuis plusieurs années de discriminations dans la recherche de logement ou de travail. De plus, ils sont souvent la cible d’attaques de néonazis. Leur intégration par l’école est également en panne: début septembre, l’organisation «<em>Ensemble à l’école</em>» a rappelé que 27% des enfants roms fréquentent les écoles pour enfants handicapés. «<em>Leur chance de terminer le collège ensemble avec d’autres enfants non-roms est de 50%</em>», admet Klara Laurencikova, responsable des programmes sociaux du ministère tchèque de l’Education.</p>
<p>En réaction à ces discriminations, les organisations rom tchèques préparent depuis plusieurs mois un projet appelé Exodus. Elles veulent trouver des financements pour permettre à 100.000 Roms de quitter le pays. Avant la mise en place du projet, ils comptent cependant attendre le résultat des élections législatives, en octobre ou novembre prochain, pour discuter de leur situation avec les nouveaux élus.</p>
<p>De même, les organisations non-gouvernementales estiment que l’action des hommes politiques est primordiale: «<em>Il est illusoire de penser que le problème disparaîtra avec l’émigration. On peut empêcher cet exode en aidant les Roms à trouver un emploi et en améliorant la coordination des politiques de l’Etat</em>», considère Martin Nebesar, directeur de la Maison de la culture rom.</p>
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		<title>Nouvelle loi linguistique, une menace pour les relations slovaco-hongroises ?</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 13:04:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Slovaquie]]></category>
		<category><![CDATA[politique linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[relations tchéco-slovaques]]></category>
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		<description><![CDATA[Sources: SITA, CTK Les députés slovaques viennent de voter une loi qui renforce le contrôle de l’Etat sur l’utilisation de la langue slovaque. A partir de septembre prochain, une «mauvaise utilisation de la langue officielle», par exemple dans les médias, sera à nouveau passible d’amende pouvant aller jusqu’à 5.000 euros. Les représentants de la minorité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="corps_articles">Sources: <em>SITA, CTK</em></div>
<div class="corps_articles"><em><br />
</em></div>
<div class="corps_articles">
<p>Les députés slovaques viennent de voter une loi qui renforce le contrôle de l’Etat sur l’utilisation de la langue slovaque. A partir de septembre prochain, une «mauvaise utilisation de la langue officielle», par exemple dans les médias, sera à nouveau passible d’amende pouvant aller jusqu’à 5.000 euros. Les représentants de la minorité hongroise, épaulés par Budapest, dénoncent la mise en place d’une «police linguistique».</p>
<p>Le ministère de la Culture assure qu’il ne s’agit pas de pénaliser les gens dans leur vie quotidienne; ces derniers ne seront concernés que lorsqu’ils s’exprimeront dans les médias. La loi vise essentiellement les institutions publiques, considérant que les fonctionnaires doivent maîtriser la langue nationale. Ainsi, tous les panneaux publics doivent désormais être en slovaque, en plus de l’éventuelle traduction dans la langue de la minorité locale. Cette mesure concerne également certains métiers: les policiers, les juges, les agences publicitaires ou les médias.</p>
<p>Cette pénalisation linguistique a déjà été en vigueur entre 1997 et 1999 et était alors source de contestations. Aujourd’hui, le ministère de la Culture justifie cette mesure par la situation en Slovaquie du sud, où vit une importante minorité hongroise et où certains services publics communiqueraient seulement dans la langue minoritaire.</p>
<p>Pal Csaky du Parti de la coalition hongroise, est cependant critique: «<em>Même sous la monarchie autrichienne, on n’avait pas une loi pareille. Elle est l’expression d’une mauvaise volonté et d’un impérialisme linguistique</em>». Son parti compte faire appel à la Cour constitutionnelle slovaque et au Conseil de l’Europe, considérant que pénaliser les fautes de langue est un anachronisme dans un pays qui fait partie de l’Union européenne. «<em>Au contraire, la loi favorise l’utilisation des langues minoritaires. Nous voulons que les ressortissants allemands, tchèques ou hongrois puissent apprendre le slovaque pour mieux s’intégrer, tout en continuant à utiliser leur langue minoritaire</em>», rétorque Marek Madaric, ministre de la Culture.</p>
<p>Cette nouvelle exacerbation des relations slovaco-hongroises risque de servir de prétexte pour annuler la visite du Premier ministre slovaque à Budapest. Bratislava considère que c’est une stratégie que les Hongrois utilisent depuis plusieurs années. «<em>Il n’est pas normal que la dernière visite du Premier ministre hongrois en Slovaquie date de 1999 et celle de son homologue slovaque de 2001</em>», estime Miroslav Lajcak, ministre slovaque des Affaires étrangères. Etant donné le contexte de nouvelles tensions, Bratislava estime que la décision concernant cette visite est entre les mains des Hongrois. Ces derniers assurent que ce sont les Slovaques qui vont décider…</div>
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		<title>Le retour du projet avorté d’«autoroute d’Hitler»</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 13:13:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles CZ]]></category>
		<category><![CDATA[République Tchèque]]></category>
		<category><![CDATA[autoroute d'Hitler]]></category>
		<category><![CDATA[transports]]></category>

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		<description><![CDATA[En se promenant au nord de Brno, capitale de la Moravie, on peut tomber sur des constructions isolées en pleine nature, destinées à une autoroute jamais terminée. Le survol en avion de cette zone confirme la présence d’une ligne encore bien visible dans le paysage. Il s’agit de l’ancien projet d’«autoroute d’Hitler» qui devait relier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En se promenant au nord de Brno, capitale de la Moravie, on peut tomber sur des constructions isolées en pleine nature, destinées à une autoroute jamais terminée. Le survol en avion de cette zone confirme la présence d’une ligne encore bien visible dans le paysage. Il s’agit de l’ancien projet d’«autoroute d’Hitler» qui devait relier Breslau, ville alors allemande, à Vienne.<br />
<div id="attachment_146" class="wp-caption alignright" style="width: 338px"><img src="http://blog.pays-tcheques.com/wp-content/uploads/2009/07/photo-1a.jpg" alt="Source: Martin Janoska, idnes.cz " title="Un pilier de l’autoroute hitlérienne près du barrage de Brno" width="328" height="246" class="size-full wp-image-146" /><p class="wp-caption-text">Source: Martin Janoska, idnes.cz </p></div></p>
<p>Aujourd’hui, la construction d’une autoroute sur cet itinéraire est à nouveau au centre des débats. Mais, à la différence du projet imposé en 1938 par un Etat dictatorial au Protectorat de Bohême-Moravie, sa réalisation est bloquée par la montée en puissance de nouveaux acteurs de l’aménagement du territoire. Qu’est-ce qui persiste actuellement de ce projet historique? Quels en sont les acteurs et les enjeux?</p>
<p><b>La première autoroute tchécoslovaque : une transversale de Plzen à Kosice</b></p>
<p>Le tracé des premières autoroutes tchécoslovaques traduisait les besoins stratégiques du pouvoir en place ainsi que leur vision de l’organisation du territoire. C’est pourquoi les projets du gouvernement tchèque de l’entre-deux-guerres et ceux d’Hitler répondent à des logiques différentes.</p>
<p>La naissance de l’Etat tchécoslovaque en 1918 a dessiné sur la carte de l’Europe un nouvel Etat qui manquait d’infrastructures reliant les parties tchèque et slovaque. Dans les années 1930, une Commission des transports a donc présenté le premier projet d’autoroute Ouest-Est à l’échelle nationale. Le tracé de cette construction faisait partie des réflexions sur l’organisation du nouveau territoire qui souffrait économiquement de la dislocation de l’Empire austro-hongrois.</p>
<p>Pour Jan Antonin Bata, successeur du fondateur de la célèbre entreprise de chaussures de Zlin, cette autoroute devait permettre de relier la partie tchèque, fortement industrialisée, et la partie slovaque, source de matières premières. Dans son ouvrage intitulé <i>Nous construisons un Etat pour 40.000.000 d’habitants</i> (1937), l’autoroute Ouest-Est est présentée comme le principal axe de transports qui devait être complété par un réseau ferroviaire et fluvial. Aujourd’hui, l’autoroute D1 qui relie Prague à Brno reprend en partie ce tracé.</p>
<div id="attachment_148" class="wp-caption alignleft" style="width: 410px"><img src="http://blog.pays-tcheques.com/wp-content/uploads/2009/07/photo-2.jpg" alt="Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes" title="Le projet d’autoroute ouest-est selon J. A. Bata, 1937" width="400" height="164" class="size-full wp-image-148" /><p class="wp-caption-text">Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes</p></div>
<p><b>L’ambitieux projet d’Hitler</b></p>
<p>Les pertes territoriales des zones frontalières de la Tchécoslovaquie, en 1938, ont interrompu le réseau de transports à plusieurs endroits. De plus, le tracé des infrastructures devait désormais correspondre au projet expansionniste d’Hitler. Pour lui, le territoire tchèque[1] représentait une pointe gênante au sein de l’espace germanophone. Le projet d’autoroute hitlérienne est par conséquent né de son désir de créer un axe Nord-Sud pour relier Breslau à Vienne par une autoroute de 320 km.</p>
<p>Ce tracé répondait donc à des buts essentiellement stratégiques. Outre la possibilité qu’elle offrait de traverser un territoire non-allemand, l’autoroute devait servir de base pour l’expansion de l’Allemagne à l’Est en permettant un déplacement rapide des armées. De plus, elle devait passer à proximité de Brno, ville alors réputée pour son industrie d’armement. Hitler avait prévu de doter son autoroute d’un statut extraterritorial, cette dernière devait donc appartenir à l’Allemagne, à l’image du canal de Panama, en possession des Etats-Unis. Les autorités tchèques n’avaient aucun mot à dire, leur rôle se limitait à la cession gratuite des terres.</p>
<p>Les travaux ont commencé dès 1939 par la construction de piliers, de ponts et d’autres ouvrages qui marquent encore aujourd’hui le paysage. Au départ, Hitler disposait d’une main d’œuvre bon marché, dont les prisonniers de guerre[2], ce qui lui permettait d’avancer rapidement. Puis, sous l’effet des défaites sur le front Est et des difficultés économiques du Reich, les travaux se sont arrêtés en 1942. Jusqu’en 1945, le chantier est resté surveillé par l’armée allemande.</p>
<div id="attachment_150" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img src="http://blog.pays-tcheques.com/wp-content/uploads/2009/07/photo-3.jpg" alt="Source : archives personnelles de Tomas Janda" title="Le projet de l’autoroute hitlérienne selon les ingénieurs allemands" width="400" height="333" class="size-full wp-image-150" /><p class="wp-caption-text">Source : archives personnelles de Tomas Janda</p></div>
<div id="attachment_151" class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><img src="http://blog.pays-tcheques.com/wp-content/uploads/2009/07/photo-4.jpg" alt="Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes" title="La construction d’un pont au-dessus de la rivière Zelivka, 1941" width="400" height="316" class="size-full wp-image-151" /><p class="wp-caption-text">Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes</p></div>
<p>Après 1945, le tracé de l’autoroute hitlérienne ne répondait plus aux besoins des autorités tchèques[3] qui ont préféré reprendre le projet d’axe Ouest-Est. Plus tard, certaines parties du projet d’Hitler ont été reprises mais leur longueur ne dépasse pas aujourd’hui quelques dizaines de kilomètres. D’autres constructions ont connu un destin plutôt curieux: le pilier d’un pont jamais construit près de Brno a par exemple longtemps servi de mur d’escalade…</p>
<p><b>L’axe Nord-Sud: relier la Moravie à l’Europe</b></p>
<p>L’ouverture des frontières après la chute du régime communiste en 1989 a changé une nouvelle fois la situation géopolitique dans la région. Avec l’intensification des échanges sur l’axe Nord-Sud, l’élargissement de la route actuelle s’impose. La construction d’une route à grande vitesse dotée de deux tronçons -R43 entre Svitavy et Brno et R52 entre Brno et Vienne- est donc depuis plusieurs années source de débats.</p>
<p>La direction des routes et des autoroutes présente la R52 comme un moyen de relier la Moravie du Sud à l’Europe. «<i>Elle passera par un corridor de transport naturel, connu depuis toujours comme la route de l’ambre qui reliait les villes du Nord à celles du Sud et qui était bénéfique pour tout le monde</i>», peut-on lire sur son site. Le constructeur précise que ce tracé a été envisagé à plusieurs reprises au cours du XXe siècle et qu’il pourrait devenir une des voies les plus importantes de l’Europe unie sur l’axe Gdansk – Varsovie – Ostrava – Brno – Vienne.</p>
<div id="attachment_153" class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><img src="http://blog.pays-tcheques.com/wp-content/uploads/2009/07/photo-5.jpg" alt="Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes" title="Les deux tronçons de l’autoroute hitlérienne aujourd’hui en projet : R43 et R52" width="400" height="240" class="size-full wp-image-153" /><p class="wp-caption-text">Source : Direction tchèque des routes et des autoroutes</p></div>
<p><b>La route à grande vitesse Brno-Vienne face aux écologistes</b></p>
<p>Dans les années 1990, la construction de la partie Brno-Vienne a cependant été bloquée par les hésitations des gouvernements tchèque et autrichien. En 2002, Vienne a finalement donné son feu vert et fixé la fin des travaux à 2013. Les Tchèques doivent donc construire leur tronçon s’ils veulent éviter que la partie autrichienne ne débouche sur les champs de Moravie du Sud. </p>
<p>Néanmoins, les élus moraves restent sceptiques: «<i>La situation est particulièrement grave: si les travaux ne commencent pas avant 2013, la construction de l’autoroute risque de se prolonger au-delà de 2020</i>», souligne Milan Venclik, membre du Conseil de la ville de Brno. Les Tchèques risquent donc de se retrouver dans la même situation que les Anglais au moment de la construction du tunnel sous la Manche.</p>
<p>En effet, pour le tronçon de la R52, deux itinéraires sont possibles: l’Autriche plaide pour la construction de l’itinéraire le plus court, <i>via</i> Mikulov, axe historique Brno-Vienne le plus utilisé aujourd’hui. Mais il se heurte aux contestations des écologistes, car la route à grande vitesse traverserait un espace particulièrement prisé, classé réserve naturelle. Elle traverserait également la région de Lednice-Valtice, classée sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO grâce à ses célèbres châteaux.</p>
<p>Le deuxième itinéraire passe par Breclav et emprunte une partie de l’actuelle autoroute D2 entre Brno et Bratislava. D’après les écologistes, ce tracé est moins lourd pour l’environnement mais il rallongerait le trajet Brno-Vienne d’environ 10 km, une partie du trafic continuerait donc d’emprunter la route de Mikulov. De plus, ce «tracé écologique» ne permettrait pas non plus de contourner la région classée par l’UNESCO. </p>
<p><b>La voix de l’opinion publique</b></p>
<p>A la voix des écologistes s’ajoute, depuis les années 1990, celle de l’opinion publique, ce qui constitue à la fois un acquis de la démocratie et un élément supplémentaire de blocage. Les contestations les plus fortes portent sur le contournement de Brno, directement concernée par la nouvelle route à grande vitesse. </p>
<p>Depuis l’époque hitlérienne, la situation a évolué. Les piliers qui se sont maintenus indiquent que, selon son projet, l’autoroute devait passer par les campagnes à l’ouest de Brno. Du fait de l’extension urbaine de cette dernière, la voie passe aujourd’hui au milieu de la cité de Bystrc (30.000 habitants) et à proximité du barrage de la ville, principale aire de récréation de cette agglomération de 400.000 habitants. Ceux-ci craignent l’effet désastreux de cette fragmentation de l’espace urbain. « La municipalité est en train de nettoyer le barrage pour permettre à nouveau aux habitants de Brno de venir se baigner. La construction d’une route à grande vitesse annulerait tous ces efforts de réhabilitation, » explique à RSE Jaroslava Deissova qui habite à Bystrc depuis plus de trente ans. </p>
<p>En réaction, les habitants de Bystrc ont exprimé leur désaccord en signant une pétition qui est aujourd’hui parmi les importantes dans le domaine des transports. Les autorités locales insistent au contraire sur les effets désastreux de ces blocages: «<i>Les conflits concernant cette autoroute constituent le problème le plus grave de la région et empêchent son développement</i>», estime Michal Hasek, préfet de la région de Moravie.</p>
<p><b>L’Union européenne et les hommes politiques tchèques, des acteurs du débat</b></p>
<p>Paradoxalement, les fonds européens de développement régional ont servi les adversaires du projet. Ces derniers ont financé une étude qui montre qu’étant donné le trafic actuel entre Brno et les régions au Nord, la construction de la R43 n’est pas nécessaire.</p>
<p>Les nouveaux élus européens de juin 2009 héritent donc d’un dossier complexe. «<i>Le Parlement européen décidera du financement des projets d’infrastructures, l’avenir de cette autoroute sera donc entre leurs mains</i>», précise Michal Hasek. </p>
<p>L’autoroute sera également au cœur des débats en vue des élections législatives anticipées de septembre prochain[4]. Mirek Topolanek, ancien Premier ministre et chef du Parti civique démocrate, compte en effet entamer sa campagne électorale dans cette région: «<i>Tout le monde va promettre la construction de la R43, c’est également la priorité de mon prochain gouvernement. Ce n’est pas une affaire régionale mais nationale</i>», a-t-il déjà indiqué.</p>
<p>Le destin de cette autoroute Nord-Sud peut donc être perçu comme une leçon d’histoire, de géopolitique et de politique actuelle tchèque. Son premier projet a été le résultat d’une situation historique et géopolitique particulière, celle de l’Europe d’Hitler. Il s’agissait alors d’une autoroute à travers les pays tchèques mais pas pour ses habitants. Par la suite, les communistes ont renforcé les flux Ouest-Est, plus pertinents à l’échelle nationale et soviétique. Avec le retour de la démocratie et l’intégration à l’UE, l’axe Nord-Sud est redevenu pertinent mais les débats autour de son tracé relèvent désormais essentiellement d’enjeux locaux. Comme dans d’autres pays européens, l’opinion publique n’hésite pas à défendre ses intérêts, marqués par la compétition accrue pour l’espace. Aujourd’hui, il faut arbitrer entre la grande vitesse et l’environnement dans un contexte de recomposition des réseaux de transport traditionnels au profit de nouveaux réseaux transnationaux. </p>
<p>[1] La Slovaquie ayant proclamé son indépendance en mars 1939, on parle pendant la Seconde Guerre mondiale de l’Etat slovaque et du Protectorat de Bohême-Moravie, occupé par les Allemands.<br />
[2] A l’ouest de Brno, on peut attester de la présence de camps de travail liés à la construction de l’autoroute hitlérienne. Près de la ville de Jevicko ont été enterrés des prisonniers de guerre russes qui avaient participé aux travaux. Ils sont morts pendant la guerre d’une épidémie de typhus. <br />
[3] De plus, Breslau étant devenue polonaise, personne n’avait plus besoin d’une autoroute reliant la Pologne à l’Autriche puisque chacun des pays appartenait désormais à l’un des deux blocs antagonistes.<br />
[4] En mars 2009, en pleine présidence tchèque de l’UE, les députés socialistes ont voté une motion de censure provoquant la chute du gouvernement de Mirek Topolanek. Depuis, un gouvernement de techniciens assure la période transitoire jusqu’aux élections anticipées. </p>
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		<title>Conflit autour d’une «scène de théâtre socialiste» au sein d’un jardin baroque</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Jun 2009 13:02:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zloubet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves CZ]]></category>
		<category><![CDATA[République Tchèque]]></category>
		<category><![CDATA[Cesky Krumlov]]></category>
		<category><![CDATA[communisme]]></category>
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<p>La ville de Cesky Krumlov, en Bohême du sud, est le deuxième centre touristique après Prague. En dehors de son patrimoine historique, elle attire les touristes grâce à une scène de théâtre tournante en plein air, rare en Europe. Mais cette «construction socialiste» de 1958 est située au beau milieu d’un jardin baroque qui bénéficie depuis 1992 du prestigieux label de l’UNESCO. Cette dernière menace de rayer la ville de sa liste du patrimoine mondial si la scène tournante reste en place.</p>
<p>Le conflit, lui, tourne autour de la valeur patrimoniale des deux monuments dont chacun témoigne à sa façon de sa période. Pour les Tchèques, la scène tournante anime de manière originale la vie culturelle du pays pendant la saison estivale. D’après les sondages, 97% d’entre eux se prononcent pour son maintien. «<em>Détruire cette œuvre unique serait un crime! Si d’autres pays de l’UE possédaient des scènes tournantes, ils en feraient des monuments d’importance mondiale</em>», martèle le metteur en scène tchèque Zdenek Troska.</p>
<p>L’UNESCO estime au contraire que la présence de cette «attraction commerciale» perturbe l’authenticité du jardin. De plus, elle empêche, d’après l’Organisation, la mise en valeur du belvédère Bellarie situé à proximité, construction tchèque la plus précieuse dans son domaine.</p>
<p>La scène devait disparaître déjà en 1999 mais les gouvernements successifs ont retardé sa destruction. D’après le quotidien tchèque <em>Pravo</em>, le ministère de la Culture aurait confirmé cette semaine à l’UNESCO que les travaux nécessaires seront effectués avant la fin de l’année. Cette information a cependant été démentie.</p>
<p>Juraj Thoma, maire de la ville voisine de Ceske Budejovice, dénonce l’arrière-plan politique de cette affaire: «<em>J’ai l’impression que la destruction de cette œuvre unique tient surtout au cœur des hommes politiques tchèques</em>». Le ministre de la Culture a rétorqué qu’il essaye de trouver une solution acceptable pour les deux parties. Presque vingt ans après le début de la «bataille de la scène tournante», l’avenir de cette dernière reste toujours incertain.</div>
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