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Nouvelle loi linguistique, une menace pour les relations slovaco-hongroises ?
Catégorie Brèves SK, Slovaquie | Laisser un commentaire
Les députés slovaques viennent de voter une loi qui renforce le contrôle de l’Etat sur l’utilisation de la langue slovaque. A partir de septembre prochain, une «mauvaise utilisation de la langue officielle», par exemple dans les médias, sera à nouveau passible d’amende pouvant aller jusqu’à 5.000 euros. Les représentants de la minorité hongroise, épaulés par Budapest, dénoncent la mise en place d’une «police linguistique».
Le ministère de la Culture assure qu’il ne s’agit pas de pénaliser les gens dans leur vie quotidienne; ces derniers ne seront concernés que lorsqu’ils s’exprimeront dans les médias. La loi vise essentiellement les institutions publiques, considérant que les fonctionnaires doivent maîtriser la langue nationale. Ainsi, tous les panneaux publics doivent désormais être en slovaque, en plus de l’éventuelle traduction dans la langue de la minorité locale. Cette mesure concerne également certains métiers: les policiers, les juges, les agences publicitaires ou les médias.
Cette pénalisation linguistique a déjà été en vigueur entre 1997 et 1999 et était alors source de contestations. Aujourd’hui, le ministère de la Culture justifie cette mesure par la situation en Slovaquie du sud, où vit une importante minorité hongroise et où certains services publics communiqueraient seulement dans la langue minoritaire.
Pal Csaky du Parti de la coalition hongroise, est cependant critique: «Même sous la monarchie autrichienne, on n’avait pas une loi pareille. Elle est l’expression d’une mauvaise volonté et d’un impérialisme linguistique». Son parti compte faire appel à la Cour constitutionnelle slovaque et au Conseil de l’Europe, considérant que pénaliser les fautes de langue est un anachronisme dans un pays qui fait partie de l’Union européenne. «Au contraire, la loi favorise l’utilisation des langues minoritaires. Nous voulons que les ressortissants allemands, tchèques ou hongrois puissent apprendre le slovaque pour mieux s’intégrer, tout en continuant à utiliser leur langue minoritaire», rétorque Marek Madaric, ministre de la Culture.
Cette nouvelle exacerbation des relations slovaco-hongroises risque de servir de prétexte pour annuler la visite du Premier ministre slovaque à Budapest. Bratislava considère que c’est une stratégie que les Hongrois utilisent depuis plusieurs années. «Il n’est pas normal que la dernière visite du Premier ministre hongrois en Slovaquie date de 1999 et celle de son homologue slovaque de 2001», estime Miroslav Lajcak, ministre slovaque des Affaires étrangères. Etant donné le contexte de nouvelles tensions, Bratislava estime que la décision concernant cette visite est entre les mains des Hongrois. Ces derniers assurent que ce sont les Slovaques qui vont décider…